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Archives pour 02/2010

Se faire Musset

2010 est l’année des romantiques ! Eh oui, les JO de Vancouver, la Coupe du Monde en Afrique du Sud, les Régionales ! Autant de raisons d’exprimer son « Moi » au travers d’événements riches en émotions extrêmes ! Aller jusqu’au bout de soi-même dans un effort transcendental, tester les limites de la nature et de notre pouvoir face à Dieu !

Et puis pour qui ne l’aurait pas encore lu ou entendu, il y a Chopin, dont le monde entier (occidental) célèbre le bicentenaire de sa naissance (un article lui sera d’ailleurs sûrement dédié sur le blog, on lui doit bien ça). Et puis encore plus loin, Alfred de Musset (1810 – 1857), aujourd’hui comme à sa mort, quelque peu oublié, son nom faisant pourtant partie de toutes les bibliothèques, évoquant des vers un peu mièvres, un peu faciles, souvent beaux parfois. Certes, ce dandy romantique adulé des femmes ne nait qu’à la fin de l’année (en décembre) mais on lui rend ici hommage dès maintenant, tellement sa poésie semble par moment assimilée à la période du printemps, célébration de l’amour, des jeunes filles en fleurs et des jeunes femmes, des élans passionnels… L’hiver rude précédant la météo de ces derniers jours nous y autorise.

Musset fût l’un des plus grands de son vivant, plus aimé du grand public encore que Hugo, dont les fougues mythologiques et les grandeurs des sentiments plaisaient surtout aux gardiens de la langue et des codes. En tout cas dans les premières années, car la solitude qui l’a tout le temps accompagné et qui a fait la force de sa poésie, a eu raison d’un tempérament indolent et veule, oisif à l’occasion. Passé les 30 ans, ses vers iconoclastes et provocateurs par leur simplicité voire leur vulgarité (de l’époque) déplaisaient déjà à la nouvelle génération de littéraires, qui considéraient l’art de l’écriture comme le fruit d’un travail minutieux. Baudelaire, Flaubert, puis plus tard Rimbaud lui en ont toujours voulu d’avoir désacralisé la fonction du poète.

Ce surdoué efféminé avait pourtant lui aussi à ses débuts initié un genre nouveau, et raillé ses aînés et leurs conventions, sur le mode de l’imitation, au ton sarcastique, mais sans jamais sacrifié le lyrisme de la poésie romantique.

Musset désinvolte, poète du « Je » romantique ramené au « je » de l’espace privé, à la petitesse du quotidien, a conquis son succès grâce à ses vers féminins ultra sensibles. C’est ce qui fait qu’il est encore aujourd’hui accessible à tous, et c’est effectivement cela qu’on pourrait lui reprocher. Mais n’est ce pas ça l’art ? Faire du grand à l’échelle du petit ? Toucher le maximum d’âmes en ayant tenté de les élever ?

Art ou pas, certains de ses vers continuent 2 siècles plus tard d’illustrer avec beauté et sans une ride nos sentiments les plus universels :

A Mademoiselle…

Oui, femmes, quoi qu’on puisse dire,
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l’ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Musset
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le cœur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n’égale votre puissance,
Sinon votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l’abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S’éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu’il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J’aime encor mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Mars 1839

En attendant l’article sur l’autre surdoué de son époque, et pour parfaire l’ambiance (post)romantique de ce milieu XIXème, une nocturne de Chopin peut donc être écoutée à la lecture des vers de Musset (de la Nuit de Mai par exemple pour boucler la boucle).

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La BO de la semaine – Saison 1 Episode 9

  • Electro
  • Four Tet - There is Love in You

    Four Tet – There is Love in You

    Four Tet délaisse (légèrement) son électronica downtempo pour nous faire découvrir ses talents de producteur house où des voix féminines sensuelles se mêlent aux lignes minimal groovy.

    A écouter pour regarder un jeu de lumière les yeux mis clos.

  • Pop
  • Miike Snow Miike Snow

    Miike Snow Miike Snow

    Playlisté justement par Vampire Weekend, ce trio américo-suédois nous offre une électro pop fraiche et sans complexe.

    A écouter pour prendre un escalator en sens inverse.

  • Hip-Hop
  • Zucchini Drive Shotgun Rules

    Zucchini Drive Shotgun Rules

    Mon petit coup de cœur depuis l’album Being Kurtwood, ces suédois (et oui encore) nous offrent gratuitement un trés bon album de Hip Hop teinté d’électro et de rock.

    A écouter pour regarder ses mains s’assécher.

  • Inclassable
  • RJD2 The Colossus

    RJD2 The Colossus

    RJD2 revient sur son propre label pour faire la synthèse des ses trois premiers albums avec du Hip Hop avec Illogic, de la pop avec Kenna ou Phonte Coleman et des instrumentaux groovy à base de samples.

    A écouter pour vous faire une idée de ce que ressent un eye liner dans un sac de fille.

  • Intemporel
  • Herbie Hancock Head Hunters

    Herbie Hancock Head Hunters

    Un grand merci à Guy Mariano qui m’a fait découvrir Herbie Hancock dans sa part dans la Mouse. Herbie Hancock s’éloigne du jazz classique pour se tourner vers le funk, la basse et le clavier groovy et les expérimentations à base de bouteilles.

    A écouter pour partir à la recherche de la casquette de sherlock holmes.

Aujourd’hui poésie

Et oui, un petit décalage de quelques jours pour « Vendredi poésie» , histoire de le faire coïncider avec ce jour de lovers. Oulala, on n’est même plus dans le « rien d’original»  mais bien au-delà ! ou bien en-deçà… à vous de juger.

Saint Valentin

On avait dit on l’fait pas

Pas pour nous

Nous on s’en fout

Rien ne se passa

On rigolait de tout

« Arrête, pas ça ! »

°°°

On s’l’était dit, rien n’y fait

Trop beau, trop pur

Trop peur, trop dur

D’un coup on doutait

Personne l’avouait

Qui l’envie en avait ?

°°°

On n’avait rien dit, rien fait

Mais j’voulais, tu disais

Tu m‘en aurais voulu

Et moi ça m’aurait plu

Tant pis pour les on dit

Il le fallait, il aurait fallu

°°°

On faisait ce qu’on ne disait

Mon envie me serrait

Impossible de passer

Au-delà, ça comprimait

Seul seuls on se sentait

Difficile de penser

°°°

On s’l’était pas dit, on l’a fait

Fut-ce dans un moment

Perdu, pendant, quand

Juste toi et moi un instant

Just another way

Pour nous le Valentine’s Day

°°°

de Timeno (dans la série « Ballades/Impressions» )

La Horde : le zombie « made in France» 

La Horde

Ce 1er long métrage du duo Yannick Dahan et Benjamin Rocher est plein de promesses. Petit budget, grande promo, acteurs bien choisis pour un film du genre bien monté.
Bref, un rapport qualité/prix plutôt honnête.

L’histoire : pour venger la mort d’un de leur collègue, une bande de flicards se rend dans une tour HLM à la recherche des assassins.
Ils vont devoir mettre leur haine mutuelle de coté et s’associer quand la tour est attaquée par une population de zombies.

La recette :

  • Faites cuire à feu doux des tonnes de zombies assoiffés, des kilos de tripes et des membres humains dans un bouillon d’hémoglobine.
  • Rajoutez au fur et à mesure des haches, des grenades et autres fusils à pompe ainsi que des poursuites dans les caves d’un immeuble.
  • Saupoudrez tout au long de la cuisson de répliques quasi cultes.
  • Temps de cuisson : 1H35 env.
  • Servez le tout dans une grande marmite type barre HLM (ce n’est pas commode c’est vrai) et vos convives n’en seront que plus heureux.

Conseil de NIO : à déguster entre amis pour le fun (déconseillé pour ce week-end d’amoureux)

Actuellement au cinéma. 1H36. Distribué par Le Pacte.

Un succulent Werther

04/02/2010 Timeno un commentaire

Une douceur mielleuse, une pâte que se mâche lentement, une crème onctueuse, une caresse apaisante… Rien de moins pour décrire cette sensation sonore et visuelle ressentie à Bastille lors de l’opéra de Massenet.

Ce n’est normalement pas l’usage de parler des interprètes en première partie d’article, mais bon, on est sur un blog pour s’octroyer quelques libertés et parler de ce qui nous touche réellement, sans censeur ! Les chanteurs donc, époustouflants, surtout le ténor allemand Jonas Kaufmann dans le rôle titre ; son statut de star du moment s’est vu confirmé. Rarement on a vu spectacle aussi complet, avec des gens beaux, parfaits dans leur rôle et qui chantaient admirablement bien. Les superlatifs qui pourraient encenser leur prestation ne reflèteraient pas totalement le rendu émotionnel, le mieux étant de regarder les vidéos associées plus bas – l’événement avait été retransmis en direct sur Arte la semaine dernière.

L’opéra composé donc par le français Jules Massenet (1842 – 1912) en 1892 reste fidèle à l’œuvre romantique au même titre de Goethe, dont est tiré le livret : du lyrisme exacerbé, l’exaltation du moi au travers d’une nature en miroir de Dieu, des élans passionnels conduisant au drame… Tout y est, et ce n’est pas pour déplaire, d’autant plus que l’histoire – pour une fois – n’est pas difficile à suivre : un bel homme, Werther donc, fin et instruit est amoureux d’une femme qui doit se marier avec un autre… Un bon gros Walt Disney avant l’heure quoi, sans le happy end. Massenet appuie les sentiments des amoureux par une musique délicate et magnifique, si douce et émouvante par moment, qu’on a l’impression de se faire masser l’âme.

Un instant de détente mélancolique en somme, que la mise en scène met bien en valeur. Simple, efficace, presque classique et austère sur certains tableaux, elle laisse toute la place à l’expression des émotions. En même temps, cette production du Royal Opera House (Covent Garden) mise à l’affiche par le nouveau directeur de l’opéra de Paris n’a rien laissé au hasard : Benoît Jacquot le cinéaste à la mise en scène, le monument Michel Plasson à la direction musicale et une distribution de rêve. La recette parfaite pour éclipser et faire oublier le fade Werther de la saison dernière.

Kaufmann - Werther

En attendant le DVD, quelques extraits si vous avez besoin d’une petite pause onirique au milieu de votre journée tumultueuse. Sinon, pour les acharnés, il y a toujours la possibilité de tenter d’obtenir une place pour la dernière de ce soir… Un conseil, allez faire la queue vers 17h30.

Pourquoi me réveiller ? [version longue]

Tu ne veux toujours pas sortir avec moi ?

Que tu es belle, Nature !

The Giovani Sample All Stars – The Black Track

Saurez-vous retrouvez les samples orignaux qui composent ce morceau ?

D’autres pépites sont disponibles sur le site GiovanniSample