Archive

Archives de l'auteur

Freud vs. Hanson

Guest Writer : Tenva 

 

Capture dcran 2010-06-17  14.45.52

 

Rassurez-vous, ceci n’est pas un post de Michel Onfray ou l’irrévérencieuse comparaison entre le père de la psychanalyse et une fratrie pop des 90’s; mais la comparaison entre 2 expositions actuellement à l’affiche à Paris. L’Atelier de Lucian Freud (Centre Pompidou) et Le Rêve américain de Duane Hanson (Parc de la Villette).

 

Hanson

Pourquoi les comparer ? Ces 2 artistes contemporains s’intéressent à la représentation réaliste de l’humain.

D’un côté, Lucian Freud, célèbre par son nom (oui, oui c’est bien le petit-fils du Docteur), mais aussi par la valeur atteinte par ses toiles. Chères. Pour autant, quand il parle de sa peinture, il dit plutôt «Je veux que la peinture soit chair». Et bien avec ses modèles toujours nus, souvent obèses, vieux, toujours difformes, et son art figuratif qui ne leur pardonne rien, il y arrive bien, à faire ressortir la chair, mais cela nous coupe l’appétit.

De l’autre côté, Duane Hanson, sculpteur, certains décriront ses sculptures comme de simples reproductions à la Grévin. Que nenni. Il ne choisit pas de représenter des célébrités «empailletées», mais des anonymes, des working class heroes des 70-90‘s US, pas vraiment mis en valeur, mais dont la ressemblance humaine, la posture et le regard perdu nous touchent profondément. On a beau ne pas avoir été femme de ménage black, ouvrier obèse ou cheerleader, on est saisi. La visite de l’expo est une véritable expérience. On craint que les créatures ne se réveillent ou esquissent un geste à chaque instant. Les sculptures se mêlant divinement aux visiteurs, plus d’une fois vous serez surpris de confusion : «Est-ce une personne ou une statue ?» Mention spéciale au couple de vieux assis d’une part, et au bébé dans sa poussette, d’autre part.

Vous l’aurez compris, pour nous, the winner is Duane Hanson, le rêve américain !!!

Jusqu’au 15 août. Pavillon Paul Delouvrier. Parc de la Villette. Entrée gratuite.
Site de l’exposition.

Chute en free fall dans les abysses

08/06/2010 Onito 3 commentaires

Cette nuit j’ai fait un drôle de rêve.

J’étais sur la plage, quand je me suis mis à courir vers la mer.

Je suis entré dans l’eau et j’ai continué à marcher, sous la surface. Ni homme, ni véritablement poisson, je m’enfonçais dans l’eau avec légèreté, foulant le sol en pente douce de mes pieds nus. Je retenais ma respiration et pourtant l’air ne semblait pas vraiment me manquer. C’était comme si la privation d’oxygène me plongeait dans une douce euphorie.

Arrivé plusieurs mètres sous la surface, je me suis arrêté. Devant moi, un trou. Ou plutôt un gouffre. Un puits sans fond, bleu, noir, effrayant et attirant à la fois. C’était comme se tenir au bord d’une falaise. Je me suis approché du gouffre, approché encore, et j’ai senti l’appel des abysses. Un appel irrésistible, magnétique. Je n’avais pas peur, je me sentais bien. Je ressentais plutôt cette forme d’assurance qu’on ne connaît qu’à ceux qui savent que rien n’est impossible. Alors j’ai pris mon élan et j’ai plongé.

J’ai chuté, chuté encore, chuté longtemps. Je m’enfonçais dans le néant comme une pierre qui coule au fond d’un lac. Je ne cherchais pas à me rattraper à la paroi. Je gouttais au plaisir simple de m’enfoncer dans cette eau douce comme du coton. Ma chute semblait interminable et je me pris à espérer que ce moment dure toujours.  Mais je suis arrivé au fond de la mer et je m’y suis posé, délicatement. Il faisait sombre, il faisait froid et j’ai pensé à ce moment là « l’important ce n’est pas l’atterrissage, c’est la chute ».

Alors j’ai levé la tête vers la surface et j’ai entrevu ce rayon de soleil qui me rappelait vers la lumière. Léger comme un astronaute en apesanteur, j’ai entrepris d’escalader la falaise pour regagner la surface.

Mais ce n’était qu’un rêve. Les hommes ne font pas ces choses là…

 

Guillaume Néry, quadruple recordman du monde d’apnée (-115m), en Free fall dans le trou bleu le plus profond du monde, Dean’s blue hole. Ce film a été tourné entièrement en apnée par sa compagne, Julie Gautier.


Mypelouse.com, voir Johannesburg et mourir

7 jours, 8 heures et 31 minutes…

C’est  le temps qui nous sépare du coup d’envoi de la coupe du monde de football en Afrique du sud. Pendant 1 mois, toute la planète va vivre au rythme du ballon rond, mais tout le monde ne vivra pas la compétition avec la même intensité. A chacun son style. 

Il y a les anti-foot, qui se préparent déjà depuis des mois, en entassant des vivres dans leur cave pour se mettre à l’abri de la déferlante futchebol.


Il y a les opportunistes, qui se ruent chez Carrefour pour acheter un écran plat, alléchés par la promesse du distributeur de leur rembourser leur achat si l’équipe de France gagne la finale (L’espoir fait vivre!)


Il y a les vrais fans, qui connaissent déjà par coeur le nom des joueurs de chaque équipe (incluant la Corée du Nord) et saoulent leurs collègues à coup de pronostiques à longueur de journée.


Et puis il y a les autres… Les mordus, les puristes, les rêveurs, les oufs, ceux qui sont prêts à tout pour assister à la finale du mondial, là-bas, en Afrique.

Dans la famille, “Plutôt écouter un album de Suzane Boyle en entier plutôt que de rater la finale”, voici ceux qu’on appellera les hommes-pelouses.
10 mecs et une bulgare (et pourquoi pas?) à l’origine d’une idée originale : Proposer aux annonceurs de communiquer autrement sur leur business en devenant propriétaires d’un carré de pelouse sur un terrain de foot virtuel.

Voyez plutôt.

 

Les premiers brins d’herbes ont été mis en vente le 1er juin sur Mypelouse.com, et le challenge est à la hauteur de l’enjeu. Le terrain comporte 2500 carrés de pelouse!
Mais les hommes-pelouses ne lâchent rien et enchaînent les happenings pour faire un maximum de buzz. Ils sont ainsi à l’origine du premier football flashmob.

 

On apprécie ce petit brin de folie et de fraîcheur autour du mondial. On ne peut que leur souhaiter que le terrain virtuel de Mypelouse.com se transforme en Field of Dreams.

Site Internet Mypelouse.com

Facebook Mypelouse

Marcher sur l’eau, pour les nuls

01/06/2010 Onito 7 commentaires

Après le saut en parachute sans parachute, voici une nouvelle vidéo qui bouscule les sacro-saintes lois de la physique, en posant une question : L’homme peut-il marcher sur l’eau? 
Après tout, une pierre plate lancée avec énergie ricoche sur une surface liquide et certains lézards des Amériques courent sur l’eau à une vitesse de 10 km/h, alors pourquoi pas nous?

C’est le pari d’un nouveau sport, le Liquid Mainteneering, qui consiste à essayer de courir sur l’eau le plus loin possible, et dont la paternité serait attribuée à Jésus en personne (prononcer Djizeusse, à la manière des évangélistes américains).

A écouter la bande de pionniers yankees qui est à l’origine de cette idée folle, tout ne serait qu’une question de technique. Il suffit de s’équiper d’une paire de chaussures 100% imperméables, de courir vite, de choisir le bon angle d’attaque et de frapper l’eau avec le plat du pied.

Avant de tenter l’exploit après une soirée bien arrosée, posez-vous quand même une question : miracle ou marketing viral? Bien sûr on a notre petite idée. Allez, NIO offre un exemplaire illustré de la bible à celui qui parviendra à traverser la Seine en courant sous le pont Alexandre III… ou à trouver le nom de la marque qui pourrait être à l’origine de cette campagne virale. 

Jamie Lidell live, insaisissable

31/05/2010 Onito 2 commentaires

Jamie Lidell live

La semaine dernière, nous étions à l’Alhambra, pour assister au concert mémorable de Jamie Lidell. Un concert, ou plutôt un show. Jamie Lidell c’est du grand spectacle, mais sans effets spéciaux. Nul besoin d’artifices car sur scène on ne voit que lui. Jamie occupe tout l’espace, capte la lumière et inonde le public d’une énergie contagieuse. Quand il pénètre sur scène le sourire aux lèvres et l’allure nonchalante, Jamie a la fièvre et l’envie d’en découdre.

Le petit surdoué de chez Warp Records est un ovni. Un artiste imprévisible qui vous prend à contre-pied quand vous pensez l’avoir cerné, et qui se qui se réinvente en permanence devant vos yeux, morceau après morceau. En 2h de live, pas une chanson ne sera fidèle à l’album.

Lire la suite…

Peut-on encore être anti-mainstream?

27/05/2010 Onito 3 commentaires

Grande première sur NIO, nous accueillons aujourd’hui dans nos colonnes, notre toute première « Guest Writer» . Elle s’appelle Tenva et elle nous livre une critique bien roulée de Mainstream, le nouveau bouquin de Frédéric Martel. 

Frédéric Martel - Mainstream

 

Mainstream est un mot souvent associé à commercial, entertainment, homogénéisation; et donc opposé à la notion d’underground, d’élites, de niches, d’art… bref de qualité. C’est pourtant le titre d’un essai de grande qualité, écrit par Frédéric Martel et paru en avril. Plutôt qu’une invitation à suivre bêtement le courant, c’est un guide pour comprendre et se repérer dans ce que l’on qualifie de culture mainstream que nous propose Frédéric Martel. Une cartographie que l’auteur s’est lui-même construite à travers plus de 1200 entretiens avec des décisionnaires ou observateurs privilégiés des industries créatives contemporaines. Et dont il rend compte à travers cet essai, qui se lit d’ailleurs plus comme un papier gonzo (euh, … sans les drogues…quand même).

Mainstream, loin d’être une simple apologie de la culture homogénéisée et sans saveur, est davantage l’occasion de regarder les succès populaires comme révélateurs d’un repositionnement de la puissance. La puissance est militaire, économique, oui, mais le terrain des valeurs et des symboles fait déjà l’objet de nombreuses batailles en mode « soft power », aux enjeux civilisationnels cruciaux. « La guerre mondiale des contenus est déclarée. »

Lire la suite…

Le tour du monde en 80 secondes

Lundi 9h00 : Encore 20 mn entre 2 stations pour un “accident grave de voyageur”. Mon voisin me goutte dessus. Si ça continue, la prochaine fois c’est moi qui saute.

Mardi 11h00 : Heu, il existe une application “boomerang” pour récupérer un iphone volé à l’arrachée?

Mercredi 13h00
 : Même à 7€, il y a des cailloux dans les salades Quinoa de Cojean. Une dent de perdue, 10 de retrouvées?

Jeudi 18h00 : Bizarrement, c’est toujours quand t’es bloqué dans les bouchons que tu remarques les pubs ventant les atouts de destinations de rêve.


Vendredi 19h00
: From Ducon@clientrelou.com : “Urgent : Merci de nous envoyer une version synthétique en anglais de la reco pour le copil du Comex avant lundi 9h”
Désolé les gars, l’apéro attendra…

Samedi 23h00 : Dude elle est où ma caisse?! Quoi y’a des livraisons aussi le week-end?!

Dimanche 02h00
: Comment ça y’a plus de bornes libres à 2 km à la ronde! Et j’en fais quoi de mon Velib, je le monte sur mon balcon?!!

Y’a des semaines comme ça où on a une irrésistible envie de tout plaquer pour partir loin, faire le tour du monde.
 Malheureusement ça prend du temps et ça coûte cher, très cher! Trop cher…

Donc si vous n’êtes pas rentier, étudiant, fonctionnaire, saisonnier ou intermittent; et si votre truc à vous c’est plutôt « Désolé, vous restez en prison, vous ne passez pas par la case départ, vous ne touchez pas 20 000€
» , vous pouvez toujours vous consoler en vous évadant grâce à ce petit tour du monde en 80 secondes en stop motion.
 32 600 km, 7 villes, 6 pays, 3 semaines de voyage et 640 images. Une performance qui fait du bien au moral. A moins qu’elle n’encourage encore l’évasion. La vraie cette fois.

Plus d’infos sur le projet ici

Ben l’Oncle Soul, le petit frenchy de la motown

- Réclame! -

Ce matin vous vous sentez gris. La ville est grise, les pigeons sont gris, vos pensées sont grises, vos vêtements sont gris, même votre peau vire au gris. Ca vous préoccupe. 

Pas de panique, NIO Télé-Boutique-Achat-Shopping a le produit miracle qu’il vous faut pour redonner des couleurs à votre quotidien terne et fatigué! Ce produit miracle, sorti il y a quelques mois, c’est la Soul Washing Powder de Ben l’Oncle Soul.

Ben Oncle Soul

Pour pimenter votre quotidien, Ben n’a besoin que d’une bonne vieille machine à laver bien old school, qu’il trouve au Lavomatic du coin de la rue.
Il y fourre quelques titres usés (voire carrément en fin de vie pour certains) genre Seven Nation Army des White Stripes, Crazy de Gnarls Barkley, Sympathique de Pink Martini, Say you’ll be there des Spice Girls ou encore Barbie girl d’Aqua. Il y a encore de la place? Ben y ajoute du Otis Redding, du Ray Charles et un peu de Marvin Gaye. Il saupoudre le tout de sa miraculeuse Soul Washing Powder (vendue sur notre site pour le prix exceptionnel de 999,99$ le paquet!) et d’une bonne dose d’adoucissant (en cadeau bonus pour tout achat de 100 articles!). Il sélectionne le programme délicat à 60° et patiente avec un bon bouquin. Au hasard, “Motown Soul et Glamour” de Florent Mazzoleni.

Le résultat est magique! Les vieux titres sont revisités, sixtisés, motownisés, groovy à souhait. Les couleurs sont éclatantes et les titres usés ressortent doux comme du cachemire.

Quelques mois après la sortie de Soul Wash, Ben l’oncle soul revient avec un album éponyme composé de chansons inédites. Des chansons sincères qui racontent les histoires simples et touchantes du quotidien. Et si toutes les chansons de Tonton Ben sont vernies d’une épaisse couche de soul, on n’en ressent pas moins les nombreuses influences qui font de son style, un mélange très actuel.

Le mythique label Motown qui l’a signé ne s’y est pas trompé. Beat Assailant ou India Arie dont il a fait les premières parties non plus. Vous aussi optez pour le noeud pap, les bretelles, et le complet-veston ! Ben l’Oncle Soul, l’écouter c’est l’adopter!

Pour écouter Soul Wash, c’est ici
Pour écouter son nouvel album, c’est ici.