I’m not trying to take over your life. I AM YOUR LIFE!
Un poème de Todd Alcott sur le pouvoir de la TV, mis en image par Beth Fulton, c’est décapant, fascinant, lobotomisant, hypnotisant. Bref, ça retourne le cerveau. Jugez plutôt.
On a testé pour vous, Dreamlands, l’excellente exposition inaugurée à Beaubourg cette semaine, qui revient sur la façon dont les parcs de divertissement et autres expositions universelles auraient façonné l’esthétique et l’urbanisme des villes du 20e siècle.
Le nom de l’exposition, fait référence à un parc d’attraction très populaire crée en 1904 à Coney Island, dans l’état de New-York. Et c’est l’agréable musique jazzy faisant la promotion du parc qui nous accueille au 6e étage du Centre Georges Pompidou, nous renvoyant à cette époque charnière où tout a commencé.
Ces Dreamlands, au travers desquels nous exprimons nos utopies, nos rêves, nos fantasmes, ont servis d’incubateurs, donnant naissance à une architecture du plaisir et du sensationnel qui n’a cessée depuis de se propager dans un monde où le sacro-saint loisir est devenu un mode de vie. Ces espaces sublimés, façonnés par notre imagination et notre besoin de croire qu’il existe un urbanisme idéal, un urbanisme du bonheur, ont fini par s’imposer comme de nouvelles normes, brouillant la frontière entre rêve et réalité.
Tentés par un petit tour de roller coaster? Alors lisez la suite!
Si comme moi vous avez snoozé 2 fois ce matin avant d’envoyer balader votre réveil à l’autre bout de la pièce en jurant *$%?*» *, si vous avez versé du jus d’orange dans vos Chocapics à la place du lait, si vous vous êtes ébouillantés sous la douche, si vous avez laissé un peu de vous même entre les lames de votre mach 3, si vous avez laissé votre fer à repasser customizer votre chemise blanche, si vous avez réalisé que vous aviez oublié votre pass Navigo en arrivant à la station de métro, et que malgré tout vous avez toujours les paupières collées… Vous avez besoin d’une petite course poursuite pour vous réveiller!!!
Une petite création originale des new-yorkais d’Honest Directors, à partir d’une idée toute bête : utiliser Google Maps pour créer une course poursuite suivie par satellite. Bonne chasse.
Je glisse en automatique, les pieds bien calés dans les rails. Si mes jambes me portent, je ne les sens pas. Qu’importe, je sais où mènent mes pas. Ma vie est chronométrée, millimétrée, rien ne vient perturber mon trajet, jamais.
« J’avais juste vingt ans et nous étions cent vingt à être le suivant de celui qu’on suivait»
Au suivant. M me murmure du Brel à l’oreille. Absent, je n’y prête pas attention. Alors que le train s’ébranle, je monte le son machinalement, pour couvrir le bruit de la journée qui commence. Arracher un sursis à tout prix, grappiller quelques minutes d’intimité phonique. Une barrière hermétique entre moi et le monde.
- Aiguillage -
Signal lumineux, les portes du RER se referment derrière moi. Mes pieds ne quittent pas les rails pour autant. L’escalier mécanique m’extirpe du ventre de la terre – rester bien à droite, les pieds sur le sol, tenir la main courante, suivre les autres – Puis il y a le ciel, gris souvent, bleu parfois, loin toujours. Je me dis que quelqu’un quelque part doit programmer sa couleur chaque matin.
- Aiguillage -
Les rails toujours, parallèles invariablement. Je traverse indifférent cette cité idéale, minimale et symétrique. Ce quartier minéral, à l’esthétique géométrique.
“Moi j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse ou alors un sourire ou bien avoir le temps. Au suivant ”
- Aiguillage -
Je trouve ma place dans le flux qui grossit. A cette heure-ci pas de reflux, les rails ne vont que dans un sens. La marée envahie l’esplanade, alimentant les recoins les plus isolés en cols blancs trop bien rasés, jusqu’à l’étal. Puis tout basculera. La marée se retirera, découvrant la dalle dans son dénuement abstrait. Pour l’heure, je me laisse porter par le courant. Je sais ce que j’ai à faire, comme les autres je suis programmé.
- Aiguillage -
Le trafic se fait plus dense, les embranchements se multiplient, des colonnes continues d’ouvriers bifurquent et disparaissent, happées par des carrés, des rectangles, des cylindres, des triangles qui se perdent dans les nuages. A l’approche du butoir, la musique monte d’un cran, les paroles prophétiques, résonnent comme un sermon.
“Tous les suivants du monde devraient s’donner la main, voilà ce que la nuit je crie dans mon délire”
Mais comme chaque matin, la chanson s’arrête avant la fin, quand le sas de sécurité de mon quadrilatère passe au vert.
Imaginez une seconde une nuée de bon vieux pixels oldschools attaquant New York. Les aliens de Space Invaders détruisant les yellow cabs à coup d’éclairs, Pacman sa gueule de camembert grande ouverte avalant une à une les stations du subway comme de vulgaire pac-gommes, les cubes de Tetris se tappant des lignes dans Manhattan, Donkey Kong se prenant pour King Kong en haut de l’Empire State Building. Le tout sur L.A. Trumpets des Naive New Beaters.
C’est le pitch délirant et génial de PIXELS, le nouveau court métrage de Patrick Jean pour l’agence Onemoreprod.
Les ex fans des 80’s vont adorer! Nous ça nous a mis Game Over.
Ondulation rue Charlot, à la recherche d’un bistrot où boire de tout mon soûl le plaisir d’être enfin en week-end. A peine installé café du marché des enfants rouges, mon regard est attiré par une multitude de photos alignées sur le mur, là dehors dans la rue. Le mojito attendra, je ressors.
Gabriel Buret, étudiant en cinéma, est à l’origine de cette exposition sauvage qui nous interroge sur la façon dont on se représente soi-même sur un espace aussi ouvert qu’Internet. L’artiste met en scène cette nouvelle forme d’exhibitionnisme à laquelle nous nous adonnons en publiant nos photos sur le web, que ce soit sur Facebook, Myspace, ou sur nos blogs.
Sur le mur de la rue Charlot, 700 photos de vous, prises sur le net et regroupées en 10 thèmes selon les mots-clefs tapés sur Google par Gabriel : moi et mon chien, moi et ma voiture, moi et mon premier poisson, moi à travers ma web cam…
- Je poste donc je suis - L’homme moderne semble avoir besoin qu’on le magnifie dans ce qu’il a de différent. Pourtant l’uniformité évidente des prises de vue trouvées sur les pages perso du net traduit une certaine codification de notre représentation sur le web.
Photos volées ? Atteinte caractérisée à la vie privée? Pas vraiment. Ces photos, nous les mettons librement à la disposition de tous. Gabriel, comme il le dit, les a juste « récupérées et inventoriées ». Cette démarche pose donc clairement la question du droit à l’image sur le web. Des millions de sites et de blogs gravitent sur la toile, bien souvent abandonnés et oubliés de tous. Mais les photos, elles, résistent à l’épreuve du temps et s’entassent. A qui appartiennent vraiment ces images ? Facebook par exemple, aurait tous les droits sur les photos que vous mettez en ligne, et ceci pour toujours, quoi que vous fassiez.
Alors allez vite faire un tour rue Charlot. Vous découvrirez peut-être que de votre wall Facebook à un mur de Paris, il n’y a qu’un click. Un click sur le bouton « imprimer » de l’ordinateur de quelqu’un que vous ne connaissez même pas.
Ne tardez pas, les photos dans la vraie vie, et à plus forte raison quand elles sont accrochées sur un mur au mois d’avril, sont vite rattrapées par le temps qui passe.
16 mois de préparation 5h de prise de vue 2346 photos haute résolution assemblées 26 gigapixels soit 26 milliards de points 2000 m2 de surface d’impression potentielle
Les photographes Arnaud Frich et Martin Loyer et leur équipe de frenchies, viennent de battre le record du monde de la plus grande photo (si si ça existe!), en shootant, des heures durant, la skyline parisienne depuis l’une des tours de l’église Saint- Sulpice, pour ensuite assembler leurs clichés en une gigantesque mosaïque. Le résultat, c’est une nouvelle façon de regarder Paris. La qualité du tirage permet en effet des zooms à faire pâlir de jalousie les satellites de la NASA.
Pour vous balader dans Paris en digital c’est par ici.
Pour découvrir le making of du shooting, c’est par là.
Et pour les nostalgiques de « Où est Charlie?» qui ont du temps à perdre (mais si vous savez le binoclard aux fringues rayées rouges et blanches, ou blanches et rouges, qui va toujours se perdre dans des endroits pas croyables), le retoucheur a caché 10 anomalies dans la photo. Comme quoi, NIO se soucie aussi d’occuper vos journées de désoeuvrement!
On s’était quitté, sur un édito fleuve et une promesse : revenir vers vous avec un mix des projets architecturaux les plus originaux. On ne fait généralement des promesses que pour avoir le plaisir de ne pas les tenir, mais pour cette fois on fait un effort.
Ne comptez pas sur nous ici pour vous faire une présentation exhaustive de chaque pavillon avec des roughs en pagaille et du baratin technico-technique. On laisse ça aux spécialistes qui le feront bien mieux que nous, comme l’excellent site archdaily.com qui a développé tout un dossier sur Shanghai 2010, que nous vous conseillons vivement d’aller parcourir au lieu de lire la suite de cet article.
On vous aura prévenu…
De notre côté nous nous sommes plutôt attachés, avec la légèreté qui nous caractérise, à tenter de répondre à 2 questions fondamentales :
Qu’est-ce qui a bien pu inspirer les architectes dans la conception de leurs pavillons
Et surtout, qui est leur dealer?!
Car le moins que l’on puisse dire c’est que les archis de l’expo semblent en plein trip, comme emportés dans un tourbillon créatif qui frôle parfois le délire halluciné quasi psychédélique. Mais comment en est-on arrivés là?
Les architectes, hantés et fragilisés par l’angoisse de la page blanche, ont-ils cédé aux sirènes de ces marchands de rêve qui promettent de vous ouvrir les portes d’un monde luxuriant peuplé de couleurs, de formes et de matières parmi lesquelles on peut piocher à loisir? La pression de tout une nation qui s’en remet à vous, l’ultimatum créatif qui approche, l’obligation de faire du neuf avec de vieux pays qui tentent de se racheter une image ont-ils eu raison de leur raison? Qui sait? Les voies de la créativité sont impénétrables, fussiez-vous équipés d’une machette et d’une bonne paire de bottes.
Ce qui compte c’est le résultat, et pour le coup il est plutôt barré! Un sacré coup de blush donné à un événement qui commençait à avoir le teint un peu terne. Nous en tout cas on adhère et on adore, comme tout ce qui concourt à instiller un peu de folie dans un monde trop sérieux qui tend irrémédiablement vers l’aseptisation générale. Une chose est sûre, les 100 millions de terriens attendus à Shanghai pour l’exposition universelle risquent bien d’être victimes d’une hallucination collective.