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Archives pour la catégorie ‘Happy Culture’

Shanghai, take me to your dealer!

Expo universelle de Shanghai, la suite !

On s’était quitté, sur un édito fleuve et une promesse : revenir vers vous avec un mix des projets architecturaux les plus originaux. On ne fait généralement des promesses que pour avoir le plaisir de ne pas les tenir, mais pour cette fois on fait un effort.

Ne comptez pas sur nous ici pour vous faire une présentation exhaustive de chaque pavillon avec des roughs en pagaille et du baratin technico-technique. On laisse ça aux spécialistes qui le feront bien mieux que nous, comme l’excellent site archdaily.com qui a développé tout un dossier sur Shanghai 2010, que nous vous conseillons vivement d’aller parcourir au lieu de lire la suite de cet article.

On vous aura prévenu…

De notre côté nous nous sommes plutôt attachés, avec la légèreté qui nous caractérise, à tenter de répondre à 2 questions fondamentales :

  • Qu’est-ce qui a bien pu inspirer les architectes dans la conception de leurs pavillons
  • Et surtout, qui est leur dealer?!

Car le moins que l’on puisse dire c’est que les archis de l’expo semblent en plein trip, comme emportés dans un tourbillon créatif qui frôle parfois le délire halluciné quasi psychédélique. Mais comment en est-on arrivés là?

Les architectes, hantés et fragilisés par l’angoisse de la page blanche, ont-ils cédé aux sirènes de ces marchands de rêve qui promettent de vous ouvrir les portes d’un monde luxuriant peuplé de couleurs, de formes et de matières parmi lesquelles on peut piocher à loisir? La pression de tout une nation qui s’en remet à vous, l’ultimatum créatif qui approche, l’obligation de faire du neuf avec de vieux pays qui tentent de se racheter une image ont-ils eu raison de leur raison? Qui sait? Les voies de la créativité sont impénétrables, fussiez-vous équipés d’une machette et d’une bonne paire de bottes.

Ce qui compte c’est le résultat, et pour le coup il est plutôt barré! Un sacré coup de blush donné à un événement qui commençait à avoir le teint un peu terne. Nous en tout cas on adhère et on adore, comme tout ce qui concourt à instiller un peu de folie dans un monde trop sérieux qui tend irrémédiablement vers l’aseptisation générale. Une chose est sûre, les 100 millions de terriens attendus à Shanghai pour l’exposition universelle risquent bien d’être victimes d’une hallucination collective.

Jugez plutôt.

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Roman porno japonais Vs. Deepthroat US

03/03/2010 KomaKo un commentaire

Katsuni, Rocco Siffredi, Marc Dorcel & co n’ont qu’à bien se tenir ! Les boogie nights et le studio Nikkatsu sont de retour. Back to 70s s’il vous plait !

On aime, on n’aime pas, mais ne serait-ce que par curiosité, deux collections DVD nous invitent à découvrir (ou redécouvrir pour certains d’entre vous, qui sait) les grands classiques du cinéma porno américain et japonais.

WildSide Video a remis à jour 10 petites merveilles de films X répartis en 2 thèmes :

L’âge d’or du X américain
L’âge d’or du roman porno japonais
A cette époque, le succès de Gorge Profonde et l’apparition du phénomène des « Boogie Nights » amènent certains producteurs à se lancer dans la production de films pornographiques. Debbie does Dallas, film culte de cette tendance en est la preuve.
4 films sont proposés dans cette collection comme Coed Fever, un film type college-comedy ou Odyssey, the ultimate trip plus underground. On parlerait de films kitchissimes à souhait aujourd’hui mais c’est la nostalgie qui reprend le dessus très rapidemment.
L’empire des Sens en toile de fond, cette série de 6 films passe en revue les tendances et attirances sexuelles du Japon des seventies : l’adolescence (L’école de la sensualité), l’adultère, la jalousie, la geisha (Osen la maudite), la quête du désir (La chambre noire)…
La plupart inspirés d’œuvres littéraires, ces films sont, à l’image du cinéma japonais, très bien réussis notamment visuellement.
Petit coup de coeur pour La Femme aux seins percés et sa référence à l’œuvre de Sade.

PS : les bandes-annonces n’étant pas disponibles, vous ne pourrez nous croire que sur parole (ou post) cette fois-ci.

Se faire Musset

2010 est l’année des romantiques ! Eh oui, les JO de Vancouver, la Coupe du Monde en Afrique du Sud, les Régionales ! Autant de raisons d’exprimer son « Moi » au travers d’événements riches en émotions extrêmes ! Aller jusqu’au bout de soi-même dans un effort transcendental, tester les limites de la nature et de notre pouvoir face à Dieu !

Et puis pour qui ne l’aurait pas encore lu ou entendu, il y a Chopin, dont le monde entier (occidental) célèbre le bicentenaire de sa naissance (un article lui sera d’ailleurs sûrement dédié sur le blog, on lui doit bien ça). Et puis encore plus loin, Alfred de Musset (1810 – 1857), aujourd’hui comme à sa mort, quelque peu oublié, son nom faisant pourtant partie de toutes les bibliothèques, évoquant des vers un peu mièvres, un peu faciles, souvent beaux parfois. Certes, ce dandy romantique adulé des femmes ne nait qu’à la fin de l’année (en décembre) mais on lui rend ici hommage dès maintenant, tellement sa poésie semble par moment assimilée à la période du printemps, célébration de l’amour, des jeunes filles en fleurs et des jeunes femmes, des élans passionnels… L’hiver rude précédant la météo de ces derniers jours nous y autorise.

Musset fût l’un des plus grands de son vivant, plus aimé du grand public encore que Hugo, dont les fougues mythologiques et les grandeurs des sentiments plaisaient surtout aux gardiens de la langue et des codes. En tout cas dans les premières années, car la solitude qui l’a tout le temps accompagné et qui a fait la force de sa poésie, a eu raison d’un tempérament indolent et veule, oisif à l’occasion. Passé les 30 ans, ses vers iconoclastes et provocateurs par leur simplicité voire leur vulgarité (de l’époque) déplaisaient déjà à la nouvelle génération de littéraires, qui considéraient l’art de l’écriture comme le fruit d’un travail minutieux. Baudelaire, Flaubert, puis plus tard Rimbaud lui en ont toujours voulu d’avoir désacralisé la fonction du poète.

Ce surdoué efféminé avait pourtant lui aussi à ses débuts initié un genre nouveau, et raillé ses aînés et leurs conventions, sur le mode de l’imitation, au ton sarcastique, mais sans jamais sacrifié le lyrisme de la poésie romantique.

Musset désinvolte, poète du « Je » romantique ramené au « je » de l’espace privé, à la petitesse du quotidien, a conquis son succès grâce à ses vers féminins ultra sensibles. C’est ce qui fait qu’il est encore aujourd’hui accessible à tous, et c’est effectivement cela qu’on pourrait lui reprocher. Mais n’est ce pas ça l’art ? Faire du grand à l’échelle du petit ? Toucher le maximum d’âmes en ayant tenté de les élever ?

Art ou pas, certains de ses vers continuent 2 siècles plus tard d’illustrer avec beauté et sans une ride nos sentiments les plus universels :

A Mademoiselle…

Oui, femmes, quoi qu’on puisse dire,
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l’ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Musset
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le cœur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n’égale votre puissance,
Sinon votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l’abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S’éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu’il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J’aime encor mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Mars 1839

En attendant l’article sur l’autre surdoué de son époque, et pour parfaire l’ambiance (post)romantique de ce milieu XIXème, une nocturne de Chopin peut donc être écoutée à la lecture des vers de Musset (de la Nuit de Mai par exemple pour boucler la boucle).

Aujourd’hui poésie

Et oui, un petit décalage de quelques jours pour « Vendredi poésie» , histoire de le faire coïncider avec ce jour de lovers. Oulala, on n’est même plus dans le « rien d’original»  mais bien au-delà ! ou bien en-deçà… à vous de juger.

Saint Valentin

On avait dit on l’fait pas

Pas pour nous

Nous on s’en fout

Rien ne se passa

On rigolait de tout

« Arrête, pas ça ! »

°°°

On s’l’était dit, rien n’y fait

Trop beau, trop pur

Trop peur, trop dur

D’un coup on doutait

Personne l’avouait

Qui l’envie en avait ?

°°°

On n’avait rien dit, rien fait

Mais j’voulais, tu disais

Tu m‘en aurais voulu

Et moi ça m’aurait plu

Tant pis pour les on dit

Il le fallait, il aurait fallu

°°°

On faisait ce qu’on ne disait

Mon envie me serrait

Impossible de passer

Au-delà, ça comprimait

Seul seuls on se sentait

Difficile de penser

°°°

On s’l’était pas dit, on l’a fait

Fut-ce dans un moment

Perdu, pendant, quand

Juste toi et moi un instant

Just another way

Pour nous le Valentine’s Day

°°°

de Timeno (dans la série « Ballades/Impressions» )

La Horde : le zombie « made in France» 

La Horde

Ce 1er long métrage du duo Yannick Dahan et Benjamin Rocher est plein de promesses. Petit budget, grande promo, acteurs bien choisis pour un film du genre bien monté.
Bref, un rapport qualité/prix plutôt honnête.

L’histoire : pour venger la mort d’un de leur collègue, une bande de flicards se rend dans une tour HLM à la recherche des assassins.
Ils vont devoir mettre leur haine mutuelle de coté et s’associer quand la tour est attaquée par une population de zombies.

La recette :

  • Faites cuire à feu doux des tonnes de zombies assoiffés, des kilos de tripes et des membres humains dans un bouillon d’hémoglobine.
  • Rajoutez au fur et à mesure des haches, des grenades et autres fusils à pompe ainsi que des poursuites dans les caves d’un immeuble.
  • Saupoudrez tout au long de la cuisson de répliques quasi cultes.
  • Temps de cuisson : 1H35 env.
  • Servez le tout dans une grande marmite type barre HLM (ce n’est pas commode c’est vrai) et vos convives n’en seront que plus heureux.

Conseil de NIO : à déguster entre amis pour le fun (déconseillé pour ce week-end d’amoureux)

Actuellement au cinéma. 1H36. Distribué par Le Pacte.

Un succulent Werther

04/02/2010 Timeno un commentaire

Une douceur mielleuse, une pâte que se mâche lentement, une crème onctueuse, une caresse apaisante… Rien de moins pour décrire cette sensation sonore et visuelle ressentie à Bastille lors de l’opéra de Massenet.

Ce n’est normalement pas l’usage de parler des interprètes en première partie d’article, mais bon, on est sur un blog pour s’octroyer quelques libertés et parler de ce qui nous touche réellement, sans censeur ! Les chanteurs donc, époustouflants, surtout le ténor allemand Jonas Kaufmann dans le rôle titre ; son statut de star du moment s’est vu confirmé. Rarement on a vu spectacle aussi complet, avec des gens beaux, parfaits dans leur rôle et qui chantaient admirablement bien. Les superlatifs qui pourraient encenser leur prestation ne reflèteraient pas totalement le rendu émotionnel, le mieux étant de regarder les vidéos associées plus bas – l’événement avait été retransmis en direct sur Arte la semaine dernière.

L’opéra composé donc par le français Jules Massenet (1842 – 1912) en 1892 reste fidèle à l’œuvre romantique au même titre de Goethe, dont est tiré le livret : du lyrisme exacerbé, l’exaltation du moi au travers d’une nature en miroir de Dieu, des élans passionnels conduisant au drame… Tout y est, et ce n’est pas pour déplaire, d’autant plus que l’histoire – pour une fois – n’est pas difficile à suivre : un bel homme, Werther donc, fin et instruit est amoureux d’une femme qui doit se marier avec un autre… Un bon gros Walt Disney avant l’heure quoi, sans le happy end. Massenet appuie les sentiments des amoureux par une musique délicate et magnifique, si douce et émouvante par moment, qu’on a l’impression de se faire masser l’âme.

Un instant de détente mélancolique en somme, que la mise en scène met bien en valeur. Simple, efficace, presque classique et austère sur certains tableaux, elle laisse toute la place à l’expression des émotions. En même temps, cette production du Royal Opera House (Covent Garden) mise à l’affiche par le nouveau directeur de l’opéra de Paris n’a rien laissé au hasard : Benoît Jacquot le cinéaste à la mise en scène, le monument Michel Plasson à la direction musicale et une distribution de rêve. La recette parfaite pour éclipser et faire oublier le fade Werther de la saison dernière.

Kaufmann - Werther

En attendant le DVD, quelques extraits si vous avez besoin d’une petite pause onirique au milieu de votre journée tumultueuse. Sinon, pour les acharnés, il y a toujours la possibilité de tenter d’obtenir une place pour la dernière de ce soir… Un conseil, allez faire la queue vers 17h30.

Pourquoi me réveiller ? [version longue]

Tu ne veux toujours pas sortir avec moi ?

Que tu es belle, Nature !

Sur la route de l’advertainment… par Spike Jonze

22/01/2010 Ceiar un commentaire

Vous en avez déjà entendu parlez, vous, de l’advertainment ?

Cette tendance qui nous vient de nos amis américains, surchargés de messages publicitaires (un américain, en moyenne, lit ou voit 2000 messages publicitaires par jour – source prodimarque), et qui associe le ludique (généralement jeux ou films) à une marque, pour délivrer un message publicitaire, le plus souvent, diffusé sur le web.
Chaque ville américaine a désormais son agence d’advertainment (oui, ils aiment créer de nouveaux mots).

Pas bêtes ces américains, sauf que … nous ne sommes pas QUE des consommateurs de pub. Il nous arrive, parfois, d’apprécier de regarder un film sans pour autant faire attention à la marque de la voiture, au costume trois pièce porté par le protagoniste, de jouer à un jeu de foot, sans scruter les marques des partenaires sur les gradins…

Mais l’advertainment ne s’est pas cantoné à faire que du placement produit, ou à vanter les mérites de son dernier rasoir 26 lames, à travers une mini série web, avec comme acteur principal Tiger Woods.

-pause-advertainment-Arrivez-vous à dire :» Non, nous ne nous désolidariserons pas ?» -Brought to you by Nothing Is Original-fin de la pause-

Non, l’advertainment s’essaie parfois à délivrer un contenu intéressant, qui peut et pourra permettre à certains artistes d’émerger (nous attendons notamment les créations de l’agence Blue, de Luc Besson).

Ci-dessous, un exemple illustrant nos propos, avec le nouveau court métrage de Spike Jonze (nous en avions déjà parlé pour son court avec Kanye West), à l’initiative d’Absolut, qui peut laisser présager que la publicité peut avoir un avenir plus artistique :

Poésie, vendredi ?

Bon, nous voilà encore sur le fil du rasoir… Ce vendredi s’achève donc avec un autre de mes poèmes, dans la lignée des 2 précédents, mais de circonstance, ou presque.

La Galette des Rois

Oh Galette des Rois
Brille brille de tous tes éclats !
Soleil d’été en hiver
Pièce chaude dans l’atmosphère

Puise tu nous gavé un par un
De ta douce et molle chair
Qu’il ne nous en reste aucun
Bourre, étouffe cet appétit d’enfer !

Rompez, croustillantes, luisantes
Croûtes, en somme, appétissantes
Toutes
Les courtes secondes indolentes
M’emplissent
A la danse bien ronde
Complice ma nouvelle ève
A qui replante la fève
Est-ce un Gaspard, un Melchior
ou un petit Balthazar ?

Sache pour le savoir
Le faire reluire
Or et beauté
Placé à côté
Sans son, sans bruire
Le désir d’y croire

Ephémères reines
Pauvre
Triomphe encore peine
Ah mais c’est ça la part et puis s’en va
Ah
à
A « Aller, muse moi et tire
toi fête des Rois »

L’amour d’une volupté opaque
Brise et bise souveraine
Encercle l’instant cher pas que
Convivial, gai, plus pérenne

Irrésistible vers
Une galette, des Rois, rien, que pour moi.