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Archives pour la catégorie ‘Happy Culture’

Il est déjà trop tard…

6 dernières représentations pour voir l’Oncle Vania : jusqu’au 30 octobre, vous avez encore le luxe de choisir votre jour. Première pièce du « Cycle Tchekhov » (oncle Vania, les trois sœurs et la cerisaie) proposé par l’Athénée en ce début de saison théâtrale, voilà un conseil de NIO pour un de ces soirs de « vacances ».

Oncle Vania de Tchekhov à l'Athénée

Une mise en scène sobre et efficace, une distribution solide, crédible ; important quand on porte un texte sans véritable héros, mettant en jeu un bout de vie de personnes plus ou moins quelconques qui étalent leurs états d’âme. Le risque de s’ennuyer est grand, et pourtant non.

Parce qu’on ne se rend plus compte, mais en 1900, date de l’écriture de la pièce par un Tchekhov déjà très malade (il meurt des suites de sa tuberculose 4 ans plus tard), le théâtre commence tout juste à se libérer des dernières conventions et à suivre le courant réaliste et naturaliste installé dans la littérature depuis plus d’un demi siècle. Les spectacles se fondent désormais  sur des enjeux en apparence plus faibles, et relatent des faits de gens « ordinaires ».

Et c’est justement à partir des questionnements de ces gens si proches de nous, même un siècle après, que Tchekhov tire son universalité.

Le pitch (largement recopié du texte de présentation de l’Athénée) :

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Un dimanche en l’air

Pour une fin de dimanche estival à Paris ou pendant l’apéro d’une soirée en vacances, ce titre (Day Ken died) de l’album de Mock & Toof sorti avant l’été. Leur premier pour ces 2 producteurs british, après une série de remix et de releases démarrés en 2006. Tuning Echoes, l’album, sans prise de tête apparente, nous emmène dans un monde protéiforme, multifacette ; se laisser aller reste encore la meilleure des choses face à ce son pop, électro, funky, synthé, eighties…

Tiens, j’ai envie de sautiller ! ou de siroter allongé…
A écouter jusqu’au bout.

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Vendredi poésie : 100 insultes de film(s) cultes

30/07/2010 Nenan 3 commentaires

Et bon week-end !

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Freud vs. Hanson

Guest Writer : Tenva 

 

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Rassurez-vous, ceci n’est pas un post de Michel Onfray ou l’irrévérencieuse comparaison entre le père de la psychanalyse et une fratrie pop des 90’s; mais la comparaison entre 2 expositions actuellement à l’affiche à Paris. L’Atelier de Lucian Freud (Centre Pompidou) et Le Rêve américain de Duane Hanson (Parc de la Villette).

 

Hanson

Pourquoi les comparer ? Ces 2 artistes contemporains s’intéressent à la représentation réaliste de l’humain.

D’un côté, Lucian Freud, célèbre par son nom (oui, oui c’est bien le petit-fils du Docteur), mais aussi par la valeur atteinte par ses toiles. Chères. Pour autant, quand il parle de sa peinture, il dit plutôt «Je veux que la peinture soit chair». Et bien avec ses modèles toujours nus, souvent obèses, vieux, toujours difformes, et son art figuratif qui ne leur pardonne rien, il y arrive bien, à faire ressortir la chair, mais cela nous coupe l’appétit.

De l’autre côté, Duane Hanson, sculpteur, certains décriront ses sculptures comme de simples reproductions à la Grévin. Que nenni. Il ne choisit pas de représenter des célébrités «empailletées», mais des anonymes, des working class heroes des 70-90‘s US, pas vraiment mis en valeur, mais dont la ressemblance humaine, la posture et le regard perdu nous touchent profondément. On a beau ne pas avoir été femme de ménage black, ouvrier obèse ou cheerleader, on est saisi. La visite de l’expo est une véritable expérience. On craint que les créatures ne se réveillent ou esquissent un geste à chaque instant. Les sculptures se mêlant divinement aux visiteurs, plus d’une fois vous serez surpris de confusion : «Est-ce une personne ou une statue ?» Mention spéciale au couple de vieux assis d’une part, et au bébé dans sa poussette, d’autre part.

Vous l’aurez compris, pour nous, the winner is Duane Hanson, le rêve américain !!!

Jusqu’au 15 août. Pavillon Paul Delouvrier. Parc de la Villette. Entrée gratuite.
Site de l’exposition.

Peut-on encore être anti-mainstream?

27/05/2010 Onito 3 commentaires

Grande première sur NIO, nous accueillons aujourd’hui dans nos colonnes, notre toute première « Guest Writer» . Elle s’appelle Tenva et elle nous livre une critique bien roulée de Mainstream, le nouveau bouquin de Frédéric Martel. 

Frédéric Martel - Mainstream

 

Mainstream est un mot souvent associé à commercial, entertainment, homogénéisation; et donc opposé à la notion d’underground, d’élites, de niches, d’art… bref de qualité. C’est pourtant le titre d’un essai de grande qualité, écrit par Frédéric Martel et paru en avril. Plutôt qu’une invitation à suivre bêtement le courant, c’est un guide pour comprendre et se repérer dans ce que l’on qualifie de culture mainstream que nous propose Frédéric Martel. Une cartographie que l’auteur s’est lui-même construite à travers plus de 1200 entretiens avec des décisionnaires ou observateurs privilégiés des industries créatives contemporaines. Et dont il rend compte à travers cet essai, qui se lit d’ailleurs plus comme un papier gonzo (euh, … sans les drogues…quand même).

Mainstream, loin d’être une simple apologie de la culture homogénéisée et sans saveur, est davantage l’occasion de regarder les succès populaires comme révélateurs d’un repositionnement de la puissance. La puissance est militaire, économique, oui, mais le terrain des valeurs et des symboles fait déjà l’objet de nombreuses batailles en mode « soft power », aux enjeux civilisationnels cruciaux. « La guerre mondiale des contenus est déclarée. »

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Godard : les absents ont toujours tort ?

film_socialisme2Le Festival de Cannes édition 2010 c’est principalement : Tim Burton président, Robin des bois à l’ouverture,  une série TV « Carlos » création Canal + et le red carpet sponsorisé L’Oréal et Cartier.

On attendait surtout Jean-Luc Godard montant les marches pour son dernier opus « Film Socialisme » en sélection dans la catégorie « Un certain regard ». Monsieur Godard a décliné sa présence par un communiqué qui est digne du personnage :

« Suite à des problèmes de type grec, je ne pourrai être votre obligé à Cannes. Avec le festival, j’irai jusqu’à la mort, mais je ne ferai pas un pas de plus. Amicalement. Jean-Luc Godard »

On s’en remettra car voir le réalisateur dans des événements mondains n’est pas dans ses habitudes. Le plus important c’est le film : à priori (très peu d’échos sont sortis sur ce film) un patchwork de personnages et de musique en tout genre. On ne peut en dire plus.

Petite cerise sur le gâteau, le film est disponible avant sa sortie en salle en vod (video on demand – pour les novices) sur le site filmotv pour une durée de 48heures.



Sortie en salle le 19 mai 2010
Durée : env. 90 min
Production : Vega Film, Wild Bunch

Dreamlands, entre rêve et cauchemar

09/05/2010 Onito un commentaire

On a testé pour vous, Dreamlands, l’excellente exposition inaugurée à Beaubourg cette semaine, qui revient sur la façon dont les parcs de divertissement et autres expositions universelles auraient façonné l’esthétique et l’urbanisme des villes du 20e siècle.

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Le nom de l’exposition, fait référence à un parc d’attraction très populaire crée en 1904 à Coney Island, dans l’état de New-York. Et c’est l’agréable musique jazzy faisant la promotion du parc qui nous accueille au 6e étage du Centre Georges Pompidou, nous renvoyant à cette époque charnière où tout a commencé.

Ces Dreamlands, au travers desquels nous exprimons nos utopies, nos rêves, nos fantasmes, ont servis d’incubateurs, donnant naissance à une architecture du plaisir et du sensationnel qui n’a cessée depuis de se propager dans un monde où le sacro-saint loisir est devenu un mode de vie.  Ces espaces sublimés, façonnés par notre imagination et notre besoin de croire qu’il existe un urbanisme idéal, un urbanisme du bonheur, ont fini par s’imposer comme de nouvelles normes, brouillant la frontière entre rêve et réalité. 

Tentés par un petit tour de roller coaster? Alors lisez la suite!

 

Dreamlands vegas

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Au suivant

 
Je glisse en automatique, les pieds bien calés dans les rails. Si mes jambes me portent, je ne les sens pas. Qu’importe, je sais où mènent mes pas. Ma vie est chronométrée, millimétrée, rien ne vient perturber mon trajet, jamais.

« J’avais juste vingt ans et nous étions cent vingt à être le suivant de celui qu’on suivait»

Au suivant. M me murmure du Brel à l’oreille. Absent, je n’y prête pas attention. Alors que le train s’ébranle, je monte le son machinalement, pour couvrir le bruit de la journée qui commence. Arracher un sursis à tout prix, grappiller quelques minutes d’intimité phonique. Une barrière hermétique entre moi et le monde.

- Aiguillage -

Signal lumineux, les portes du RER se referment derrière moi. Mes pieds ne quittent pas les rails pour autant. L’escalier mécanique m’extirpe du ventre de la terre – rester bien à droite, les pieds sur le sol, tenir la main courante, suivre les autres – Puis il y a le ciel, gris souvent, bleu parfois, loin toujours. Je me dis que quelqu’un quelque part doit programmer sa couleur chaque matin.

- Aiguillage -

Les rails toujours, parallèles invariablement. Je traverse indifférent cette cité idéale, minimale et symétrique. Ce quartier minéral, à l’esthétique géométrique.

“Moi j’aurais bien aimé un peu plus de tendresse ou alors un sourire ou bien avoir le temps. Au suivant ”

- Aiguillage -

Je trouve ma place dans le flux qui grossit. A cette heure-ci pas de reflux, les rails ne vont que dans un sens. La marée envahie l’esplanade, alimentant les recoins les plus isolés en cols blancs trop bien rasés, jusqu’à l’étal. Puis tout basculera. La marée se retirera, découvrant la dalle dans son dénuement abstrait. Pour l’heure, je me laisse porter par le courant. Je sais ce que j’ai à faire, comme les autres je suis programmé.

- Aiguillage -

Le trafic se fait plus dense, les embranchements se multiplient, des colonnes continues d’ouvriers bifurquent et disparaissent, happées par des carrés, des rectangles, des cylindres, des triangles qui se perdent dans les nuages. A l’approche du butoir, la musique monte d’un cran, les paroles prophétiques, résonnent comme un sermon.

“Tous les suivants du monde devraient s’donner la main, voilà ce que la nuit je crie dans mon délire”

Mais comme chaque matin, la chanson s’arrête avant la fin, quand le sas de sécurité de mon quadrilatère passe au vert.

Au suivant

 

Vidéo : Mosaïque urbaine #2

Musique : M – Au suivant