La semaine dernière, nous étions à l’Alhambra, pour assister au concert mémorable de Jamie Lidell. Un concert, ou plutôt un show. Jamie Lidell c’est du grand spectacle, mais sans effets spéciaux. Nul besoin d’artifices car sur scène on ne voit que lui. Jamie occupe tout l’espace, capte la lumière et inonde le public d’une énergie contagieuse. Quand il pénètre sur scène le sourire aux lèvres et l’allure nonchalante, Jamie a la fièvre et l’envie d’en découdre.
Le petit surdoué de chez Warp Records est un ovni. Un artiste imprévisible qui vous prend à contre-pied quand vous pensez l’avoir cerné, et qui se qui se réinvente en permanence devant vos yeux, morceau après morceau. En 2h de live, pas une chanson ne sera fidèle à l’album.
13/05 13:52 Barcelone: ciel gris, pluie fine, et froid automnal… mais où est passé notre mois de Mai !
Une affiche inattendue vient ensoleiller notre journée : Mayer Hawthorne en concert le lendemain au Bikini pour présenter son album A Strange Arrangement.
Parenthèse ouverte
Mayer Hawthorne, c’est un blanc bec plus (ou moins) connu sous le nom de Haircut, rapper et DJ du Michigan, que finalement rien ne destinait à faire de la soul. Fan d’Isaac Hayes, Curtis Mayfield, Leroy Hutson…, il s’amuse à ses heures perdues à faire de la soul et envoie ses démos à Stones Throw. Réceptionnant le colis rétro et abouti, Peanut Butter Wolf a du mal à croire que derrière cette soul 60ies agit un multi-instrumentaliste du présent à la voix d’or. PBW le signe dans la foulée et Mayer lui offre un magnifique premier EP Just Ain’t Gonna Work Out.
Parenthèse fermée
Un jour, un métro et une petite marche plus tard, nous voilà donc devant l’entrée du Bikini, véritable boite de nuit pour teenagers. Débute une première partie surprenante avec Guillamino artiste barcelonais au masque chinois qui mélange electro, soul, hip hop, musique catalane chanté/rappé en espagnol ou anglais.
Puis, derrière un décor sobre aux lumières rouges, arrive le big band The County en costume noir trois pièces cravate rouge suivi par Mayer en costume veste croisée gris, faisant penser à une version plus select du Hey Ya d’Outkast. Le décor est posé : nous sommes en plein spectacle des grandes heures de la soul ou du jazz.
S’en suit une heure de show à swinger autour des nombreux tubes de l’album, et quelques reprises dont le cramé Mr Blue Sky d’Electric Light Orchestra. La voix de Mayer est chaleureuse, il est là pour donner de l’amour à son public et nous lance tel un slogan :
If you know Mayer Hawthorne, you know everything about love!
De son coté, le groupe s’allie parfaitement à sa mise en scène et à son humour. Tout est fait pour rappeler que nous voyageons dans le temps : des chœurs façon The Supremes, des chorégraphies simples et synchronisées, ou présentation du Big band avec solo de chaque membre de The County. Les attitudes de showman du rapper Haircut reprennent parfois le dessus pour chauffer une salle déjà bien transpirante.
Au final, on a envie d’être télétransporté dans une cave de jazz à la Nouvelle Orléans et continuer la soirée à danser le be bop… mais pourquoi nous n’avons pas plus souvent le droit à des shows aussi classes, dansants et drôles ? En sortant, tout le monde a le smile et on a envie de donner de l’amour à son prochain !
Comme quoi la soul est vraiment la musique la plus conductrice en émotions et Mayer en est un exceptionnellement bon fil conducteur.
On confirme, et ce n’est pas quand on voit la tête du chanteur, Erlend Øye, un geek trentenaire Norvégien en apparence fort peu charismatique, qu’on va pouvoir changer d’avis.
Mauvais départ, certains diraient. Et pourtant… Ce jeune homme est assez productif puisque c’est aussi le co-fondateur du groupe Kings of Convenience, qui a lui-même sorti un album il y a peu.
The Whitest Boy Alive, c’est un groupe basé à Berlin, qui a déjà sorti 2 albums, Dreams en 2006 et Rules en 2009. Mélange improbable d’électro posée et de funk pépère, le tout emporté par une voix suave qui vous met du baume au cœur.
En live, c’est une autre histoire. Les geeks ont le groove. La voix suave est toujours là, mais l’électro est beaucoup moins posée et le funk plus du tout pépère. Ca fait taper les pieds et bouger la tête.
Pourtant, là encore, c’est un effet de surprise. Ca commence tranquille, le groupe a l’air complètement désorganisé sur scène, les membres se parlent entre les morceaux, comme pour choisir quelle va être la prochaine chanson, s’accorder sur les notes… Et puis le déclic arrive.
La batterie accélère, le synthé s’emballe et sur quelques notes bien senties, les morceaux s’enchaînent sur des transitions parfaites. Tubes, impros entre performances musicales et expérimentation sonore, solos, reprise efficace de « You don’t know me» d’Armand Van Helden, sketches même quand tout le groupe se fige au milieu d’un morceau comme si le public avait appuyé sur pause.
Parlons-en d’ailleurs, du public, totalement acquis au groupe : ça saute au premier rang, ça crie, un énergumène monte sur scène, pose 2 secondes avec le chanteur et se jette dans la foule pour un body surfing bien senti. Il y avait même les groupies qui se dandinaient au balcon. Faut dire que quand ça part, ça donne envie de bouger. Après c’est chacun à sa manière… Quoiqu’il en soit, l’ambiance fait vraiment plaisir.
Puis c’est déjà fini, le rappel nous achève avec un morceau / impro de quinze minutes qui frise la techno, et on sort de là avec la banane pour la soirée.
Pour résumer, The Whitest Boy Alive c’est le charisme dans l’anti-charisme, l’illustration parfaite du dicton « l’habit ne fait pas le moine» .
Nous vous laissons juges avec ce petit extrait, montez le son, ça vaut le coup :
Mardi 10 novembre 2009 – En mission commandée pour NIO, je me faufile au milieu des milliers de personnes rassemblées dans la fosse du Zénith de Paris pour assister au grand retour du groupe made in Bristol, créateur de la mouvance trip-hop. C’est une première pour moi et je veux être aux premières loges pour recevoir le baptême. De l’avis de tous, Massive Attack est l’archétype de la musique qui ne s’écoute pas mais qui se vit, qui se ressent, et à laquelle on s’abandonne corps et âme. Qu’à cela ne tienne, je suis prêt! Enfin je croyais l’être… jusqu’à ce que le concert ne commence.
Ceci et une tentative très personnelle de vous faire vivre 5 mn de ma « Near Death Experience» musicale. Montez le son, bouclez vos ceintures et lisez la suite.
Il faut d’abord que l’on vous prévienne : cet article ne sera pas objectif. Nous aimons trop ce groupe pour pouvoir nuancer notre propos.
Voilà, c’est dit.
Un an après leur concert à l’Olympia et quelques semaines après le passage de Yaya Herman Dune en solo au point Éphémère, le groupe terminait une tournée d’une bonne année par un concert à la Cigale à Paris.
On aurait pu s’attendre à une ré-édition du concert de l’Olympia, mais fort heureusement ces petits franco-suedois ont de la ressource et c’est bien à un nouveau concert que nous avons eu droit. Classiques revisités comme I wish I could see you soon ou your name, my game, mais aussi nouveaux titres comme I hear strange music ou reprises de morceaux d’autres artistes, tout était réuni pour passer une bonne soirée. Même le public était plutôt chaud pour un dimanche soir.
Pour illustrer le propos, la vidéo du titre I wish I could see you soon à l’Olympia, à la Cigale, et le clip. On vous laisse juger.