Les artistes chinois contemporains ont la cote, et ils ne manquent ni d’audace, ni d’imagination, à l’instar de Liu Bolin, ce nouveau venu sur la scène de la performance. Originaire de la région de Shandong en Chine, Bolin est passé maître dans l’art de se camoufler. Au travers de sa série Camouflage, il s’intéresse à la place du corps dans notre environnement social immédiat, s’appliquant à se fondre physiquement dans un paysage socio-culturel donné jusqu’à disparaître.
Doit on voir dans cette explosion de l’expression artistique chinoise sur la scène internationale une nouvelle forme de contre-pouvoir à la Chine moderne? Le travail de Liu Bolin est en lui même un acte de protestation contre le gouvernement qui l’a obligé à fermer son atelier en 2005. Une chose est sûr, les milices du Parti auront beaucoup plus de mal à l’attraper cette fois-ci!






Via graficareal.net
Depuis 2001, JR photographe clandestin pour certains, « artiviste» pour d’autres, s’évertue à transformer les rues du monde entier en galerie d’art universelle. Avec son projet « 28 millimètres» , nos villes deviennent le théâtre d’actions spectaculaires.
Equipé d’un objectif 28 millimètres, JR parcourt le monde et réalise des portraits grimaçants des populations locales, qu’il développe et colle dans les rues sous la forme d’affiches géantes. L’objectif revendiqué est de combattre les clichés entretenus par l’imaginaire collectif et relayés par notre société de l’information.

Depuis 2008, ce sont les femmes qui sont à l’honneur dans son projet « Women are heroes» . Dans plusieurs pays, JR recueille des histoires auprès des femmes, des récits terribles de drames de guerre et de violence quotidienne. Le travail de JR consiste à apporter un contre-point nécessaire à cette détresse en capturant la joie de vivre qui existe au plus profond de ces âmes brisées et en l’affichant au coeur même des villes.
Les affiches monumentales sont disposées sur tous les supports possibles, bus, maisons, trains, et composent des mosaïques urbaines souvent percutantes, comme en témoigne cette superbe installation au Kenya, où le passage d’un train fait apparaître les visages hilares des femmes d’un bidonville. Une belle démonstration, s’il en fallait une, que l’Art peut faire beaucoup pour rendre notre monde un peu meilleur.

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